Bonjour,

Comme convenu, pour les absents, voici un petit compte rendu de la conférence

« la recherche pour agir, mais sans nuire »

Patrick Chambres, le conférencier de la soirée est intervenu en tant que :

-          Professeur de psychologie cognitive

-          Président de l’ARAPI

-          Et papa d’un petit garçon avec autisme (qui doit maintenant être ado)

La salle était bien pleine, environ 250-300 personnes. Avec selon les estimations à main levée et si j’ai bien suivi :

-          1/3 de famille/asso

-          1/3 de pro

-          1/3 d’étudiants (étudiantes surtout : psycho, educ et ortho sans doute)

En présence du Pr Bouvard pour le CRA, d’une personne de l’ARS Aquitaine dont je n’ai pas retenu le nom… et aussi beaucoup de représentant des différentes associations du CG3A (Jacky Gratecap était le speaker de la soirée.)

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Toute l’intervention de Patrick Chambres a tourné autour de la notion d’AGIR.

AGIR, c’était vraiment le fil rouge de son discours.

On peut agir selon deux axes :

-          Agir sur la personne

-          Agir sur son environnement

Toute la conférence a été étayée de petits films de son fils Niels dans ses apprentissages quotidiens ou également de films US ou FR montrant d’autres personnes avec autisme.

J’ai retenu du 1er film : alors qu’à plus de 4 ans, Niels était encore non verbal, il travaillait déjà les compréhensions faciales et devait imiter l’étonnement. Le plus difficile n’étant pas d’imiter les émotions faciales mais de savoir quand elles sont appropriées. C’est difficile d’apprendre à un enfant quand il doit être étonné.

Patrick Chambres a orienté son discours autour des différents leviers d’actions suivants :

Notion d’AGIR SUR QUOI ?

1/ la COMMUNICATION à la communication c’est le POINT ESSENTIEL

2/ l’intégration sensorielle à avec un focus sur l’hyperacousie qui est un handicap mal connu, mal cerné par le monde médical

3/ la cohérence centrale

4/ les fonctions exécutives

5/ les neurones miroir et l’ « embodied cognition »

6/ la mémoire de travail

 

Avant de développer le « AGIR SUR QUOI », développement du « AGIR POUR QUOI »

Agir POUR les arguments suivants :

-          La plasticité cérébrale

là j’ai un peu décroché quand on a parlé synaptogénese (génése des synapses) et neurotransmission.

Quelques vidéos TRES intéressantes sont venus appuyées l’importance de stimuler encore et toujours le cerveau.

Notamment la vidéo d’une personne dont le cerveau a été lésé à l’âge de 2 ans et demi (IRM du cerveau à l’appui montrant une des deux sphères vraiment endommagée) et qui montre des facultés de réparation assez étonnantes au fil du temps à force de stimulation.

Patrick Chambres mentionne le fait que la plasticité cérébrale existe aussi à l’âge adulte contrairement à ce qui a été pensé et dit à une certaine époque.

--> Il n’est jamais trop tard pour stimuler

 

On travaille en fait sur deux axes :

-          Utiliser des circuits neuronaux différents

-          En créer des nouveaux

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Patrick Chambres nous a montré un petit film étayant cette thèse. J’aurai du mal à relater exactement le contenu, une personne travaillait certains réseaux neuronaux à l’aide d’une languette qu’elle serrait entre ses dents. Les effets dits « résiduels » étaient de plus en plus positifs et la languette de moins en moins indispensable.

Ensuite, Patrick Chambres est revenu sur la notion de « AGIR sur …. QUOI ? »

1/ Agir sur la communication

Et surtout, agir sur les modes alternatifs de communication pour que la personne autiste, à tout âge, puisse s’exprimer pour des besoins aussi indispensables que demander la direction des toilettes dans un café, bande scratch de pictos à l’appui. Les pictos étaient suffisamment universels pour être compris de tous. (Idée que l’utilisation des pictos, ce n’est pas seulement à l’intérieur de la structure mais également dans le monde réel : rue, café..)

Communiquer c’est fondamental.

Pouvoir s’exprimer cela donne du respect social.

2/Agir sur les STIMULI extérieurs et leurs intégrations sensorielles.

Ex : un jeune ado mécontent en salle d’informatique. L’activité informatique génère des gros troubles du comportement. Le jeune est alors ré-orienté vers une activité « poterie » moins favorable à une possible activité professionnelle.

Lorsque le jeune commence la poterie, il va mieux à « nous (la structure) avions donc raison ».

Patrick Chambres rappelle que les problèmes, on peut les gérer ou les prévenir

Il convient de s’interroger sur cette salle d’informatique :

-          Bourdonnement d’un néon ?

-          Sweet shirt criard du formateur en informatique ?

-          Autres ?

Neon

Peut-on agir sur cette salle d’informatique avant de supprimer l’activité informatique de l’emploi du temps du jeune ?

Idée maitresse : « ne pas faire d’attribution causale » et « remettre en question l’environnement »

Patrick Chambres nous diffuse ensuite un film montrant un adulte Aspie expliquant son ressenti « lorsqu’une porte claque, cela provoque des coulures de couleurs devant les yeux »

On appelle ce phénomène la synesthésie. D’ailleurs, je me permets un aparté, si le concept de synesthésie vous intéresse, je vous conseille la lecture du livre de Daniel Tammet que j’ai laissé dans le bureau de Julien. C’est grâce à cette synesthésie que Daniel Tammet parvient à mémoriser de telles séries de chiffres.

 

Synesthésie

Puis petit film montrant Glenn Gould (pianiste supposé autiste) se brulant les avant-bras à l’eau chaude avant de jouer un morceau.

3/ AGIR sur la cohérence centrale

Le défaut de cohérence centrale c’est de voir le détail des choses sans les intégrer ; percevoir les pièces du puzzle mais pas le puzzle dans son ensemble.

Ex. une personne arrive suffocante, ultra-chargée devant une porte fermée. Vous êtes à proximité de la porte fermée et sans réfléchir, vous tendez le bras pour l’ouvrir.

Une personne autiste n’aura peut-être pas ce « réflexe » par mauvaise compréhension du contexte et de tous les éléments :

-          la personne,

-          la charge dans les bras,

-          la porte fermée.

 Faute de temps, les autres axes pour agir ont été abordés très rapidement.

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L’intervention s’est terminée sur une session de questions-réponses avec la salle.

Pour résumer, conférence très intéressante, excellent orateur très investi.

La salle était pleine, c’était une bonne conférence.

J’ai oublié de préciser que le « sans nuire » dans « agir sans nuire » faisait écho au fait que Patrick Chambres déplore la stimulation sans but.

Exemple : faire visser et dévisser des boulons pour visser et dévisser des boulons.

Patrick Chambres préfère que la stimulation ait un but, une application concrète dans la vie de tous les jours.

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Merci d’avoir lu ce pavé !

Si certains veulent compléter ou commenter, c’est avec plaisir.

A bientôt,

Emilie